JANE PAASCH

L’HÉRITAGE JOAILLIER

Née au Canada de parents allemands, elle grandit dans un univers où la beauté se façonne à la main. Tous deux joailliers, ses parents lui transmettent dès l’enfance le respect du savoir-faire et la fascination des matières précieuses. Entre l’atelier de sa mère en France et les journées ensoleillées de Palm Beach auprès de son père, son enfance se déroule comme un écrin de contrastes. À dix ans, elle crée son premier pendentif : le début d’une histoire d’amour avec la création.

Atelier de joaillerie de ses parents — les racines de son histoire

« Mes parents – Les racines de mon histoire »

L’APPEL DE LA MAIN

Après le lycée, elle s’installe à Paris pour étudier le dessin à Penninghen. Mais très vite, le besoin de toucher, de sentir, de transformer la matière devient irrésistible. Elle délaisse le papier pour le métal et intègre une école de joaillerie. Sa première expérience auprès de Jean Boggio nourrit son goût pour l’opulence baroque, l’ornement et une imagination sans limites.

Les années parisiennes — apprendre en créant

« Esprit libre à Paris – Années 90 »

L’EXIGENCE DE L’EXCELLENCE

Elle rejoint ensuite Hermès en tant qu’orfèvre. Elle y apprend la précision extrême, la perfection des finitions et la puissance de la retenue. Pourtant, le désir de créer ses propres pièces ne la quitte jamais. Après ses journées de travail, elle s’attarde dans les ateliers de cuir, à la recherche d’inspiration. Un jour, elle ose présenter ses créations à Jean-Louis Dumas, alors président de la maison. Séduit, il décide de les intégrer aux collections. À cet instant, elle passe de l’ombre à la lumière, de l’artisanat au dessin de création. Elle restera près de dix ans chez Hermès, jusqu’à la disparition de Jean-Louis Dumas, avant de poursuivre son parcours chez Céline.

Au travail — précision et maîtrise

« Studio Céline – Les années de maîtrise »

L’APPEL D’AILLEURS

Quelques années plus tard, elle suit son mari à Genève. Elle y crée ses plus beaux bijoux : ses enfants. Mais elle refuse l’immobilité. Elle lance une marque de choux à la crème, travaille en indépendante pour Chloé, participe ponctuellement à la décoration de la boutique Chanel, avant une rencontre qui bouleversera son parcours : la terre.

Le chapitre genevois — maternité et nouveaux chemins

« Lac Léman – Le chapitre de la maternité »

LA VOIX DE LA TERRE

Avec la céramique, elle retrouve la liberté. Parfois, ses mains la guident. D’autres fois, la forme est soigneusement dessinée, mesurée et construite avant même qu’elle ne touche la terre. Chaque pièce naît d’un dialogue avec la matière : l’or et la terre, la force et la fragilité, le brut et l’éclat. Elle recherche la précision des formes tout en laissant à la terre l’empreinte imparfaite du geste. Elle explore le déséquilibre comme une source de beauté, la tension comme un vecteur d’émotion.

Gestes dans la terre — dialogue entre matière et or

« L’instinct »

UN UNIVERS SENSORIEL ET POÉTIQUE

Ses créations ne sont pas de simples objets. Ce sont des fragments d’histoires, des expériences tactiles, des émotions figées dans la matière. Elles parlent du temps qui passe, de la trace de la main, de l’élégance de l’imperfection. L’or, familier depuis l’enfance, est revenu dans son travail à un moment où elle ressentait un profond besoin de lumière. Aujourd’hui, son éclat rencontre des tonalités plus sombres et des surfaces mates, plus douces. Ses œuvres lui ressemblent : à la fois brutes et précieuses, baroques et minimalistes, libres et puissantes.

Grâce brute — fragments, textures et or

« Grâce brute »